TVA immobilière : ce qui change
Pourquoi une réforme de la TVA immobilière ?
Au fil des années, la législation française en matière de TVA immobilière était
devenue compliquée. Les pouvoirs publics ont donc voulu à la fois la simplifier et
harmoniser notre droit avec le droit européen.
Quels sont les principaux changements ?
La loi nouvelle procède à une réécriture complète des dispositions relatives à la
TVA immobilière. Désormais, pour déterminer le régime fiscal d’une acquisition
immobilière, il faut combiner deux critères.
Le premier est la qualité des parties. La loi distingue ainsi deux catégories
d’acheteurs et de vendeurs. D’un côté, les personnes qui sont assujetties à la TVA
dans le cadre de l’exercice d’une activité économique (professionnels de
l’immobilier, entreprises, etc). De l’autre, les non-assujettis (particuliers) qui
réalisent des opérations qui sont en principe en dehors du champ d’application de
la TVA immobilière.
Le second est la nature du bien acquis. Par exemple, les règles applicables à la
vente d’un terrain à bâtir (c’est-à-dire au terrain sur lequel le droit de l’urbanisme
permet l’édification de constructions) ne sont pas les mêmes que celles
applicables à la vente d’un immeuble neuf (c’est-à-dire achevé depuis moins de 5
ans).
Prenons le cas d’un particulier qui achète un terrain à bâtir pour construire son
logement. La réforme change-t-elle quelque chose pour lui ?
En matière d’acquisition de terrain à bâtir, il faut aujourd’hui distinguer deux cas.
Soit le terrain est vendu par un particulier. La réforme est alors sans
conséquence : comme par le passé, seuls les droits d’enregistrement sont
exigibles, pas la TVA. Soit le terrain est acheté auprès d’un professionnel. Le
vendeur doit ici payer la TVA (en principe au taux de 19,6 %). L’acquéreur, quant à
lui, doit payer les droits d’enregistrement au taux de 5,09 %(voire au taux réduit de
0,715 % si certaines conditions sont remplies).
Depuis quand la réforme est-elle applicable ?
Les pouvoirs publics ont voulu aller vite : votée en février 2010, la loi est
applicable à toutes les ventes conclues depuis le 11 mars dernier. C’est en
principe la date de signature de l’acte notarié qui doit être prise en compte, pas
celle du compromis. Même si ce dernier a été signé avant le 11 mars 2010, les
nouvelles règles sont applicables à l’opération.
Dans certains cas, cela peut remettre l’équilibre économique voulu par le vendeur
et l’acheteur. Le changement de la législation pourrait notamment modifier les
coûts supportés par les parties. L’administration fiscale a voulu anticiper la
difficulté : elle admet que les parties puissent demander le maintien des règles en
vigueur au jour de la signature du compromis.
Spécialiste de l’immobilier et de la fiscalité, le notaire est à votre disposition pour
vous informer sur cette réforme de la TVA immobilière et les conséquences
qu’elle peut avoir éventuellement pour votre projet.